Le magnifique catalogue du grand peintre de l'Ecole de Tunis, "Jellal ben Abdallah, sous l'artifice, la simplicité", par Amin Bouker, aux Éditions Cérès, sera disponible fin Janvier 2013, à Mille Feuilles.
Vous pouvez d'ores et déjà le feuilleter, à la Librairie Mille Feuilles, et réserver votre exemplaire.
On savait que Feryel Ben Mahmoud s’intéressait à l’histoire proche : celle de la Tunisie, certes, mais aussi celle de l’Orient. Ses précédents ouvrages, sur le Bat d’Af, ces fameux bataillons à la réputation sulfureuse, puis sur les voyageurs qui ont précédé et ouvert la voie aux touristes, tout cela dénotait une curiosité d’un passé proche, dont les échos ne se sont pas encore dissipés.
C’est un très bel ouvrage qu’elle signe cette fois-ci avec Michèle Brun comme co-auteur : Tunisie, un siècle d’images. Et qu’elles présentent : «Un siècle d’histoire, un siècle d’images : de la proclamation du Pacte Fondamental en 1857, qui annonce la Constitution tunisienne, à l’indépendance du pays en 1956. Un siècle marqué par la colonisation, mais qui ne s’y résume pas. Car l’affirmation politique et identitaire d’une “tunisianité” la précède et la concurrence».
Avant tout, il est utile de rappeler que les représentations rupestres sont d’une rareté étonnante en Tunisie. La région de Gafsa est réputée pour l’abondance des sites préhistoriques ayant livré des témoins très importants du paléolithique, comme le plus ancien «monument» cultuel mis au jour jusqu’ici sur terre : le fameux Hermaïon, datant de plus de 45.000 ans, découvert dans les environs de la localité d’El Guettar (gouvernorat de Gafsa) et aujourd’hui exposé au musée national du Bardo. Les autre sites préhistoriques, remontant à l’ère capsienne ou au néolithique, ont livré de nombreuses sculptures, pierres gravées, figurines en argile, coquilles d’œufs d’autruches peintes ou gravées, etc. L’art pariétal, par contre, ne semble s’être exprimé qu’à une époque plus récente.
J’emprunterai à Jacques Berque ce qui pourrait être nommé l’allégorie de la Mosquée de Kairouan : elle a un sens, qui est fort riche, qui doit être questionné.
Cet édifice est emblématique de la Tunisie, comme l’Alhambra réfère à l'Andal ousie et comme la mosquée bleue détient le secret d’Istamboul. L’on peut y voir un des sommets de la science et de l’art, mais aussi de la ferveur arabe. Et, pourtant, ce monument, si évident, disant si clairement son appartenance à une culture qu’il résume et dont il est en quelque sorte un des signes les plus forts, ce monument-là est, quant aux éléments qui le constituent, un édifice auquel, sinon toutes les cultures, du moins celle du bassin méditerranéen ont apporté leur tribut.
Peintre en toute liberté
"Un vrai prince des milles et une nuits, [...] jeune, beau, libre d'allure et d'esprit. Avec une intelligence et un goût très fins." *
C'est ainsi qu'en 1953 l'historien de l'art, Marcel Sauvage, décrivit Jilani Abdul Wahab dans sa période parisienne au début du siècle dernier. Je ne crois pas prendre beaucoup de risque, me semble-t-il, en prétendant que Jilani AbdulWahab (plus connu sous son nom artistique Abdul) est la plus grande figure de la peinture Tunisienne de tous les temps.
Ce qui me mène à suggérer, par ailleurs, à ceux qui donnent le titre de " Père de la peinture tunisienne " à Yahia de brider un tout petit peu leur enthousiasme. Puisque au moment où les toiles de Abdul sont accrochées au Salon Tunisien de 1911, Yahia n'avait encore que 8 ans... Car la peinture en Tunisie ne se situe pas seulement, le saurait-on jamais assez, par rapport à l'Ecole de Tunis.
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